LA FRONTIERE MERIDIONALE DU LIBAN

Décidée et tracée après la guerre de 1914-1918, la frontière libano-israélienne est issue du démembrement de l’Empire ottoman. Elle ne correspond ni à une limite historique, ni à un obstacle naturel quelconque.

Le premier paradoxe est que cette frontière n’a pas été tracée par les deux Etats qu’elle sépare aujourd’hui, le Liban et Israel (la Palestine sous mandat britannique à l’époque), mais par un accord entre deux puissances européennes, la France et la Grande-Bretagne. Elle a été tracée avec rigueur et matérialisée par 95 bornes et une quarantaine de bornes intercalaires.

Le deuxième paradoxe c’est qu’elle sépare deux Etats qui n’ont jamais entretenu de relations diplomatiques. Le Liban ne reconnaît pas l’existence de l’Etat hébreu : sur les cartes au Liban, cette frontière sépare le Liban de la Palestine.  

Le troisième paradoxe c’est que cette frontière, inscrite sur les cartes a virtuellement disparu pendant 22 ans du fait de l’occupation israélienne, c’est-à-dire depuis le début de l’Opération Litani jusqu’à l’ évacuation de la zone de sécurité par Tsahal en 2000.

Quatrième paradoxe, il s’git d’une frontière « chaude » sans cesse conflictuelle. Elle crée un face à face entre deux armées : Tsahal et la milice du Hezbollah. Lle est très fréquemment le théâtre d’affrontements armés ; l’aviation et l’artillerie israélienne l’ignorent superbement, les mortiers et drones du Hezbollah également.

La décision du tracé

La frontière entre le Grand Liban, devenu le Liban, et la Palestine est tracée par un accord (1923) entre les Français et les Britanniques. Ce tracé ne variera plus — au moins en reconnaissance internationale — jusqu’à maintenant

Lors de l’armistice libano-israélien de 1949, les deux parties — qui ne se reconnaissent pas ! — entérinent le tracé décidé par les Français et les Britanniques. En 1949, Israël et le Liban ont signé un accord d’armistice définissant la ligne de retrait de l’armée israélienne comme étant la frontière de 1923. Israël avait reconnu unilatéralement cette ligne comme constituant une frontière internationale et, lors de toutes les invasions israéliennes ultérieures du Liban, l’État juif devait continuer à considérer cette frontière comme légitime, sans jamais tenter d’établir d’implantations.

Le 12 juin 1967, après la guerre des Six Jours, pendant laquelle le Liban est resté dans un prudent attentisme, le Premier ministre israélien Lévy Eshkol déclare: «Israël ne reconnaît plus les lignes et conventions mixtes d’armistice, sauf avec le Liban.»

Dernière en date des reconnaissances de cette frontière, décidément très chantée, le 14 septembre 2005, lors de la Conférences des Nations Unies, le secrétaire général Kofi Annan déclare que «Israël s’étant retiré du territoire libanais en 2000, les Nations Unies ont tracé [sur la frontière libano-israélienne] une ligne bleue… Il reste une portion contestée du territoire — les fermes de Chebaa — mais les Libanais considèrent qu’elle leur appartient).»

Si l’on exclut le problème des «fermes de Chebaa», les récents développements de la situation libanaise ne remettent en effet nullement en cause le tracé de la frontière méridionale. Les Nations Unies estiment qu’il est absolument nécessaire que toutes les parties en présence respectent entièrement la ligne bleue, définie et entérinée par le Conseil de sécurité et plus récemment par la résolution 1614 de 2005.

La Ligne Bleue, est devenue la frontière de facto entre Israël et le Liban. Mais les deux États ennemis ne la reconnaissent pas comme une frontière internationale. La Ligne Bleue place techniquement la moitié nord sous juridiction libanaise, ce qui incite le Liban à contester la souveraineté d’Israël sur une partie de la région.

Cartographie du chaos : les points de discorde actuels

Avant la guerre actuelle, Israël et le Liban avaient clarifié une grande partie de la Ligne Bleue, en s’accordant, en coordination avec l’ONU, pour marquer quelque 700 points le long de la frontière à l’aide de barils qui étaient venus s’ajouter aux quelque 300 qui étaient déjà en place. Toutefois, seize points, qui, selon le Liban, s’écartent de la frontière d’origine de 1923, font toujours l’objet de discussions.

Les fermes de Chebaa demeurent un sujet de discorde majeur. En 2006, la résolution 1701 des Nations unies avait explicitement pris acte de la demande du Premier ministre libanais de contrôler la zone qui, bien qu’appartenant à l’origine à des agriculteurs libanais vivant dans le village libanais voisin de Chebaa, avait été placée sous mandat français en raison d’une cartographie de mauvaise qualité.

Le Liban avait tenté en vain de négocier un transfert des terres de la Syrie après que les deux États ont obtenu leur indépendance, mais il n’avait plus fait de revendications quand Israël avait conquis le territoire lors de la Guerre des Six Jours, en 1967.

re de 1920 désignait « Ras Naqoura » comme le point où la frontière rencontrait la mer tout en faisant référence à une crête plutôt qu’à un emplacement précis, laissant le point exact en litige.

Loin de la ligne d’arrivée

Les experts restent sceptiques quant à la possibilité de parvenir à une frontière internationalement reconnue.

ISRAEL ‘YELLOW’ LINE

The  “Yellow Line” is a military zone stretching roughly 10km (6 miles) north of the border inside southern Lebanon. Israeli officials say they intend to keep the zone under military control, while reserving the right to strike the area in what they describe as efforts to root out Hezbollah.

Lebanon and Hezbollah have rejected the move as an occupation of sovereign territory that they say violates the very premise of a ceasefire.

Prime Minister Benjamin Netanyahu said Israeli forces “are remaining in Lebanon in a reinforced security buffer zone”. According to Israeli  military officials residents will not be allowed to return to 55 Lebanese towns and villages within that area. Israeli Defence Minister Israel Katz announced on Friday that the Israeli military “will continue to hold and control all the positions it has cleared and secured”. Israeli forces continue demolitions in Lebanese villages, artillery fire and machinegun attacks targeting communities on or near the front line – or the “Yellow Line”.

Some analysts believe the new Israeli strategy, not only in Lebanon but also in Syria, is aimed at consolidating power through territorial expansion. In any future negotiation, Israel will seek to hold on to this land and use it as leverage as much as possible.

For many Lebanese, the “Yellow Line” raises fears that a temporary military zone could become a longer-term occupation under the cover of a ceasefire. As Israeli troops remain inside Lebanon and military operations continue, critics say the truce is a mechanism for legitimizing occupation.

 

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